Le 30 avril 2026 Solidarité FreeAzat organise une réunion en visio regroupant des militants et des organisations.
Cette organisation permet la constitution du Comité « Sauver Azat ».
Transféré fin avril 2026 dans une prison de Kharp, sur le cercle arctique, région aride et inaccessible, dans un lieu de détention connu pour ses conditions inhumaines, dans la ville-même où l’opposant Alexeï Navalny a trouvé la mort, Azat est en grand danger.
Le comité qui se constitue vise à réunir des organisations et des militants afin de démarrer une campagne internationale pour libérer Azat.
Le comité est constitué des organisations suivantes :
Solidarité FreeAzat
Libre Pensée
Ligue des droits de l’homme
Union syndicale SOLIDAIRES
Zone de Liberté
Collectif Russie Progressiste
L’Adieu aux Armes
Le Réseau Bastille
Relations internationales de la fédération anarchiste
Groupe Navalny France
Ensemble nous décidons une campagne en Europe, au Brésil et aux Etats-Unis, pour faire connaître la cause d’Azat et œuvrer à sa libération par tous les moyens possibles, échange de prisonnier et adresse au gouvernement russe.
Le lundi 4 mai 2026, nous apprenons qu’Azat a été torturé dans la prison IK 18 de Iamalo-Nénétsi, ville de Kharp. Son témoignage nous parvient :
Le 21 avril 2026, entre 13 h et 18 h, on m’a conduit au bâtiment de l’administration où se trouve le service des opérations. Parmi les détenus et les habitants du coin, cet endroit est appelé « Loubianka ». Il y avait là deux détenus : Bulanov et Mikhaïl. Ils m’ont conduit aux toilettes et m’ont dit de nettoyer la cuvette. J’ai refusé. Ils m’ont alors dit que je devais entrer dans le bureau voisin.
Je suis entré dans ce bureau, où se trouvait l’employé Mikhail Anatolievitch Sobolev. Nous avons discuté pendant environ une heure et demie ; il semblait être un homme calme et normal. Nous avons abordé divers sujets et, à plusieurs reprises, la conversation revenait toujours au fait que je devais faire tout ce qu’on me disait ici. En particulier, par exemple, nettoyer la cuvette des toilettes. À chaque fois, j’ai protesté et refusé de le faire.
Puis, lorsque j’ai refusé une nouvelle fois, il a soit appuyé sur un bouton, soit passé un coup de fil, je ne m’en souviens plus, après quoi les deux mêmes détenus se sont immédiatement précipités dans le bureau. Ils m’ont plaqué au sol. Bulanov s’est assis sur mon torse. J’étais alors allongé sur le dos. Mikhaïl s’est assis sur mes jambes et a commencé à les enrouler de ruban adhésif. J’ai essayé par tous les moyens de me dégager. Finalement, ils m’ont quand même enroulé les jambes de ruban adhésif, puis Mikhaïl m’a donné plusieurs coups de poing dans l’aine pour que je cesse de résister. Ensuite, ils ont commencé à m’enrouler les mains de ruban adhésif. Après cela, ils m’ont retourné sur le ventre.
Puis Sobolev M.A. s’est joint à eux : il s’est assis sur mon dos, Mikhaïl s’est assis sur mes jambes, et Bulanov s’est mis à me frapper les talons avec un marteau en bois. J’ai commencé à crier de douleur, et Sobolev s’était assis de telle manière qu’il me serrait le dos, ce qui m’empêchait de respirer. J’avais mal et, en même temps, j’avais beaucoup de mal à respirer. J’ai commencé à m’étouffer et à perdre connaissance.
Quand mes cris ont commencé à s’éteindre, Bulanov a cessé de me frapper les talons. Ils ont attendu que je reprenne mes esprits, puis ils ont recommencé à me frapper les talons et à me serrer le dos, et j’ avais du mal à respirer.
J’ai recommencé à perdre connaissance, et ils ont cessé de me frapper. Puis ils ont commencé à me menacer de viol. Ils m’ont retiré mon pantalon et mon caleçon. Bulanov et Mikhaïl m’ont affirmé, chacun à leur manière, que j’allais être violé. Mikhaïl a commencé à enduire mon anus de crème avec ses doigts, mais à un moment donné, il a arrêté, tout en continuant à me menacer de me pénétrer à tour de rôle.
Puis un employé est entré dans le bureau ; si je me souviens bien, il s’appelait Alexeï Viktorovitch. Il n’avait pas pris part à tout cela, mais il m’a vu allongé, le pantalon baissé. Il a échangé quelques mots avec Sobolev, et quelques minutes plus tard Bulanov m’a saisi par les bras, et Mikhaïl par les jambes, et c’est ainsi qu’ils m’ont traîné dans le couloir. Il y avait là une bouche d’égout. Ils ont commencé à me menacer de plonger
ma tête dans les eaux usées qui remplissaient l’égout.
Ils ont approché mon visage de ces immondices, et alors que mon visage n’était plus qu’à 2 cm de tout cela, ils m’ont tiré en arrière et m’ont ramené dans le bureau. Sobolev était également présent pendant tout ce temps.
Quand on m’a ramené dans le bureau, Bulanov et Mikhaïl ont commencé à me frapper au visage avec la paume de la main, à me donner des coups de pied (sur le corps, sur le cou) et à continuer de me menacer de viol. Cela a duré plusieurs minutes. On m’a de nouveau retourné sur le ventre, puis Bulanov et Mikhaïl sont partis quelque part. Sobolev est resté. Il s’est approché de moi et s’est mis à me frapper méthodiquement la tête avec la paume de la main. Il a continué ainsi pendant un bon moment, une centaine de fois environ. Puis il s’est assis à son bureau, avant de revenir vers moi et de me couvrir le nez et la bouche avec ses mains, de sorte que je ne pouvais plus respirer. Je commençais à suffoquer et à perdre connaissance. Alors que j’étais sur le point de perdre connaissance, il a retiré ses mains. Puis, quelque temps plus tard, il s’est remis à me frapper à la tête avec la paume de la main. Il m’a frappé ainsi une cinquantaine de fois. Peu après, Bulanov et Mikhaïl sont revenus.
Ils m’ont de nouveau saisi, comme auparavant, et m’ont emmené au deuxième étage, dans le bureau de la section des opérations. Là-bas se trouvaient deux agents : Kiselev Pavel Pavlovitch et Evgueni Adzievitch (je ne connais pas son nom de famille). On m’a allongé sur le sol, sur le ventre. J’ai senti qu’on enroulait un fil autour de l’auriculaire de ma jambe droite. J’ai commencé à me débattre, mais ils ont fini par brancher le fil d’abord à ma jambe droite, puis à la gauche. Ensuite, Bulanov a mis le courant. J’ai poussé un cri. Il a dit : « Ah, tu hurles, salope ». Et après ça, il a laissé le courant plus longtemps encore.
La douleur était si atroce que je me suis mis à hurler de toutes mes forces. C’est alors que Bulanov et Mikhaïl ont réfléchi à un moyen d’étouffer mes cris. Mikhaïl est sorti dans le couloir et a allumé la radio à fond. Quant à Bulanov, il a mis de la musique pop sur le lecteur CD. Puis Bulanov a de nouveau fait passer le courant. Dès que j’ai commencé à crier, Mikhaïl m’a mis une serviette sur la bouche. J’avais très mal et j’avais très peur, au point que j’avais envie de perdre connaissance. Quand j’ai commencé à perdre connaissance, ils ont coupé le courant. Une demi-minute plus tard, ils ont réactivé le courant, et tout cela a continué encore un certain temps : ils branchaient le courant sur moi et me plaquaient une serviette sur la bouche.
Ils ont de nouveau coupé le courant, m’ont retourné et m’ont fait asseoir par terre, adossé à la table d’examen ; je voyais les fils qui partaient de mes jambes.
Les agents ont commencé à me parler et à me convaincre que je devais faire tout ce qu’on me disait. Je refusais. Après cela, ils m’ont à nouveau envoyé des décharges électriques (Bulanov et Mikhaïl), puis ils m’ont à nouveau parlé, j’ai à nouveau campé sur mes positions, et ils m’ont envoyé des décharges électriques une nouvelle fois.
Après cela, Evgueni Adjievitch a ordonné qu’on me retire les fils et qu’on coupe le ruban adhésif dont j’étais enveloppé. Et on m’a permis de remettre mon caleçon et mon pantalon. Bulanov et Mikhaïl ont quitté le bureau.
Je restais debout et discutais avec les agents. Puis deux autres agents sont entrés, eux aussi insistaient de toutes les manières possibles pour que je fasse ce qu’on m’ordonnait. Je continuais à camper sur mes positions.
À la fin de la journée de travail, on m’a emmené dans la salle de quarantaine. Evgueni Adzievitch m’a alors promis qu’il me parlerait le lendemain. Quand je suis revenu en « quarantaine », j’avais très mal aux talons, à l’aine et aux mollets, sans doute à cause des décharges électriques.
Compte-rendu de la réunion d’urgence pour Azat du 25 avril 2026
Après avoir appris le transfert d’Azat dans une prison de Iamalo-Nenetsie, dans des conditions extrêmement arides, voire dangereuses, et dans la ville même où l’opposant Navalny a été tué, Solidarité FreeAzat a convoqué une réunion en urgence.
Ainsi, le 25 avril 2026, à la Bourse du travail de Paris, une cinquantaine de personnes étaient présentes dans la salle ou en visio, pour discuter d’une campagne pour sauver Azat.
Trois organisations françaises étaient présentes : le syndicat Solidaires, les relations internationales de la Fédération anarchiste, la Ligue des droits de l’homme.
Etaient également présents Aurélien Saintoul, Député de la République française et Sophia Chikirou, Conseillère de Paris et Députée de la République française.
Nous avons discuté des moyens d’entamer une campagne internationale, notamment en France, au Brésil et aux Etats-Unis pour protéger Azat et continuer à œuvrer à sa libération.
Si vous voulez rejoindre notre action, contactez-nous : libertepourazat@gmail.com
Chers soutiens d’Azat Miftakhov,
REUNION D’URGENCE POUR SAUVER AZAT MIFTAKHOV
SAMEDI 25 AVRIL 2026
14H-17H
67 RUE DE TURBIGO – 75003 PARIS
Nous venons d’apprendre que le brillant mathématicien russe Azat Miftakhov, emprisonné depuis 2019 pour son opposition au régime expansionniste et impérialiste de Vladimir Poutine, est actuellement en cours de transfert pour la prison de haute sécurité de Kharp.
Cette nouvelle nous inquiète au plus haut point.
Située au pôle nord (région autonome de Iamalo Nenetsie), dans une zone inaccessible, aride, aux températures extrêmes (températures négatives d’octobre à mai descendant jusqu’à -50 degrés), cette cellule est connue pour ses conditions carcérales inhumaines. C’est l’endroit même où l’opposant Alexey Navalny a été tué.
Isolé au-delà du cercle polaire et dans de telles conditions, Azat encourt un très grand danger.
Notre réunion de samedi 25 avril a pour but de discuter de la campagne que nous démarrons pour sauver Azat.
Azat Miftakhov est un mathématicien russe, emprisonné par le régime de Poutine depuis 2019 pour s’être simplement intéressé à d’autres modèles politiques que celui du Kremlin.
C’est un des premiers prisonniers que nous défendons, et celui qui a donné son nom à notre association. Comme nous suivons la position « un cas, une cause », nous nous concentrons sur un cas, pour nous battre sur tous les cas. La situation d’Azat Miftakhov est particulièrement emblématique de la définition du « prisonnier politique », car il est à ce point innocent de tous les crimes imaginaires dont on l’accuse que le pouvoir a cherché pendant deux ans comment inventer des motifs pour le mettre en prison.
Pour sa libération, nous avons organisé de nombreuses campagnes et évènements publics, et nous sommes en contact quasi-quotidien avec ses proches, notamment sa femme Elena Gorban.
Il est important de préciser que le but de nos campagnes est d’ élargir toujours plus le nombre de personnes qui, à travers le monde, soutiennent la cause d’un homme en prison pour ses idées politiques, afin de créer une réelle solidarité internationale.
A chaque nouvel événement de nouvelles personnes se joignent à la cause. Partis d’une poignée de militants, nous sommes désormais plusieurs dizaines centaines dans le monde entier à soutenir la cause d’Azat.
L’ASSOCIATION SOLIDARITÉ FREEAZAT ET SON COMITÉ DE SOUTIEN ALERTENT : AZAT MIFTAKHOV, MATHÉMATICIEN RUSSE ET DISSIDENT, EST SOUMIS À LA TORTURE DANS LES GEÔLES POUTINIENNES
Depuis 2019, Azat Miftakhov est incarcéré dans le cadre d’une procédure judiciaire fabriquée, reconnue comme un procès politique par de nombreuses organisations internationales. Ces derniers jours, la situation s’est dramatiquement aggravée : Azat a été transféré de force dans la prison de haute sécurité de Kharp (IK-18).
Située sur le cercle polaire arctique (région autonome de Iamalo-Nénétsie),cette prison est isolée dans une zone inhospitalière aux températures extrêmes (descendant jusqu’à -50°C d’octobre à mai). Elle est tristement célèbre pour ses conditions carcérales inhumaines et se trouve dans la même ville que celle où l’opposant Alexei Navalny a été assassiné.
Azat y a déjà été victime de tortures. Selon un témoignage direct daté du 21 avril 2026, Azat a été soumis à des sévices physiques et psychologiques atroces : déshabillement forcé, ligotage, étouffement, coups répétés, électrocution et prémices de viol. Ces actes de barbarie avaient pour unique objectif de briser sa volonté.
Le comité de soutien, déjà mobilisé pour la libération immédiate d’Azat, dénonce fermement ces agissements criminels, en violation totale du droit international et des conventions contre la torture. Ces méthodes démontrent la volonté du régime actuel d’éliminer toute dissidence.
Nous exigeons l’arrêt des tortures et la libération d’Azat Miftakhov.
Nous appelons les citoyennes et les citoyens, quelle que soit leur nationalité, à soutenir et diffuser notre appel.
Nous exhortons les gouvernements, l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies à intervenir pour la libération d’Azat.
La vie d’Azat Miftakhov est en danger immédiat. Sauvons Azat avant qu’il ne soit trop tard !
Paris, le 11 mai 2026
Liste des signatairesle 25 mai 2026
Allemagne
BAG Russischsprachige Linke (Bundesarbeitsgemeinschaft der Partei Die Linke in Gründung)
Campagne #FREE120
Demokrati-JA
Dialog und Solidarität e.V.
Feminist Anti-War Resistance Nordrhein-Westfalen
Bénin
Syndicat national de travailleurs des services de la santé humaine SYNTRASESH
Brésil
Central sindical e popular CONLUTAS
Cameroun
Syndicat des travailleurs saisonniers de la filière canne à sucre STRASCAS
Canada
Procès de Nuremberg 2.0
Chypre
Société démocratique des Russes de Chypre
Etat espagnol
Confederacion General del Trabajo CGT
Etats-Unis
People for free Russia
Finlande
Initiative for resistance and dialogue
France
Arguments pour la lutte sociale
Collectif Russie Progressiste
Comité français du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine
Démocratie radicale
Equipe Navalny France
Exil Solidaire
FSU 03
Institut Sakharov
L’Adieu aux Armes
Libre Pensée
LDH
Mémorial France
Relations internationales de la fédération anarchiste
Réseau Bastille
Russie-Libertés
Solidarité FreeAzat
Ukraine CombArt
Union communiste libertaire
Union départementale FO 35
Union syndicale SOLIDAIRES
Vesna France
Italie
Associazione dei Russi liberi
Kazakhstan
Erkindik Qanatty
Moldavie
Platforma
Europe
European Network for Solidarity with Ukraine
Organisation internationale
Boris Kagarlitsky International Solidarity Campaign
Memorial political prisoners
Platform of Civic, Anti-War and Humanitarian Initiatives
Réseau syndical international de solidarité et de luttes
La députée Sophia Chikirou invite Solidarité FreeAzat à intervenir au Conseil de l’Europe pour demander la libération d’Azat et des prisonniers politiques.